Avant la Révolution française, l'enseignement est principalement assuré par l'Église et reste réservé aux familles les plus aisées. Dans les campagnes bretonnes, où l'agriculture occupe une place centrale, la scolarisation est peu répandue. Après 1789, la confiscation des biens du clergé et la réorganisation de l'enseignement entraînent une période de recul de l'instruction dans les zones rurales. Au cours du XIXᵉ siècle, plusieurs lois, notamment celles de Guizot (1833) et de Jules Ferry (1882), favorisent progressivement le développement de l'école publique et rendent l'instruction primaire obligatoire et gratuite.
À Béganne, cette évolution s'accompagne du maintien d'un enseignement privé catholique. L'école des garçons Saint-Joseph ouvre ses portes le 18 janvier 1896 dans un bâtiment situé au Buisson-Rond. Elle est officiellement bénie quelques mois plus tard, lors d'une cérémonie réunissant les autorités religieuses, les élus et une grande partie de la population.
À partir de 1907, le premier directeur de l'établissement dirigera l'école pendant vingt-sept ans. Grâce au soutien des familles et au bénévolat, les bâtiments sont progressivement agrandis : une deuxième classe est créée en 1933, puis une nouvelle extension est réalisée en 1935 avec une salle de classe, une scène de théâtre et un logement de fonction. En 1962, une troisième classe, un préau, des sanitaires et des locaux annexes viennent compléter l'ensemble.
Après plus d'un siècle d'activité, l'école Saint-Joseph ferme définitivement en 2002. Les élèves sont alors regroupés à l'école Sainte-Marie, modernisée grâce au produit de la vente des bâtiments. Dès 2003, les nouveaux propriétaires entreprennent la transformation de l'ancienne école en habitation. Ce projet sera réellement achevé vingt ans plus tard par M. et Mme Durant, qui aménagent l'ancien logement des directeurs en un gîte de charme : Belle Visnonia, offrant ainsi une nouvelle vie à ce lieu emblématique du patrimoine bégannais.